Gilets jaunes : après le front commun samedi dernier, un « acte 13 » en ordre dispersé ce 9 février

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MOBILISATION – Retour sur les Champs-Élysées, appel à se rendre à la frontière italienne et mobilisation toujours active dans les grandes villes… Alors que les Gilets jaunes s’étaient massivement réunis à Paris samedi dernier, les cortèges devraient cette fois être dispersés sur le territoire ce 9 février. On fait le point.

Les Gilets jaunes semblent se disperser à nouveau pour « l’acte 13 » prévu ce samedi. Éric Drouet lui-même n’a pas décidé de l’événement auquel il participera ce samedi 9 février, indiquant cependant qu’il restera à Paris. Maxime Nicolle, lui, a choisi le Côte d’Azur avec même une incursion en Italie, et Jérôme Rodrigues ne veut plus se faire le relais des actions. Quelques événements émergent tout de même sur Facebook. Alors à quoi s’attendre samedi?

À Paris, retour des rassemblements non déclarés sur les Champs-Élysées

Singularité de cet « acte 13 », plusieurs événements sont organisés sur les Champs-Élysées sans qu’aucun ne sorte du lot. L’un appelle tous les Gilets jaunes à se réunir « pour tout changer » tandis qu’un autre demande à ce que le « grand débat » se fasse « dans la rue ». Quoi qu’il en soit, les trois manifestations sont prévues au départ de la place de l’Étoile, et réunissent 4700 « participants » sur Facebook, et quelques 27.000 « intéressé(e)s ».

Car pour la première fois depuis ce début d’année, les Gilets jaunes reviennent à une stratégie de non-déclaration des événements. Éric Drouet, qui s’est fait le relais de tous les événements dans la capitale sans les trier, expliquait ainsi mercredi : « Aucune manifestation n’a été déclarée pour samedi, car ceux qui déclarent en ont marre qu’elles se finissent toujours de la même manière !! » Le routier a donné le ton : on risque de revenir aux cortèges dispersés et chaotiques des débuts.

Pourquoi ces cortèges en ordre dispersé ? La grève du 5 février a occupé les discussions et pris beaucoup d’énergie dans les groupes Facebook de Gilets jaunes, qui en ont largement parlé toute la semaine. De plus, le porte-voix des événements parisiens a passé les derniers jours à mettre en place des « actions » sur « d’autres terrains », notamment en voulant proposer une « charte » à faire signer à toute personne voulant aider la contestation. Dans un direct ce mercredi, Éric Drouet explique ainsi que « depuis quelques jours, il y a beaucoup de tensions, beaucoup de jugements, de personnes mal intentionnées, peut-être trop impatientes, qui voudraient plus, ou d’autres qui veulent se sentir en sécurité ». Le Gilet jaune, à l’initiative du premier « acte », veut donc désormais se recentrer sur une façon « tout à fait légale et tout à fait autorisée » de pousser Emmanuel Macron à « la destitution », assure-t-il, lançant un appel, désormais retiré, à un référendum d’initiative partagée.

Détachements d’action rapide et véhicules blindés

« La particularité de cette journée est un retour au principe de non-déclaration des manifestations », confirme ainsi la préfecture de police de Paris qui dénombre quand même une manifestation et 3 rassemblements déclarés. Un dispositif de sécurisation conséquent a donc une nouvelle fois été mis en place avec des unités de forces mobiles et 33 détachements d’action rapide « destinés à intervenir et interpeller sans délai en cas d’exaction », précise la préfecture qui a une nouvelle fois mobilisé 4 véhicules blindés.

Le secteur de bas des Champs-Elysées – notamment autour de l’Elysée et de la place Beauvau – sera interdit à la circulation et à tout rassemblement. La présence policière sera également renforcée autour de l’Assemblée nationale, du Sénat, Matignon et de nombreux ministères.

Maxime Nicolle alias « Fly rider » à Nice

Dans son « live » Facebook du 6 février, Maxime Nicolle explique qu’il ne sera pas à Paris mais à Nice où il a été demandé « d’unifier la région PACA ». Ce Gilet jaune très influent, qui arrive à mobiliser les manifestants dans une grande ville différente chaque samedi, sera la veille en Italie. Comme son compagnon de lutte, il a l’esprit tourné vers d’autres actions. Il a indiqué vouloir se rendre à la frontière, à une vingtaine de minutes de la Côte d’Azur, pour une opération de communication en réaction à la rencontre de Luigi di Maio avec Christophe Chalençon. « Je vais rencontrer des médias italiens, pour leur expliquer que le mouvement est apolitique, qu’il n’est pas du tout en train de lancer des listes aux Européennes. »

Sur l’événement « Pour notre liberté ! Frontière Italienne », on attend le samedi avec impatience. Les organisateurs indiquent vouloir une « action unie et efficace ». « Une même action à impact médiatique en présence de MAXIME NICOLLE alias FLY RIDER. »

Château Thierry attend Priscilla Ludosky

Autre figure des Gilets jaunes, Priscillia Ludosky ne se joindra pas au cortège parisien. Elle a lancé un appel à manifester à Château-Thierry avec « tous les Gilets jaunes de l’Aisne ». Celle qui était à l’initiative de la première pétition sur les prix des carburants assure que le défilé a été déclaré et que 1000 à 2000 personnes sont attendues.

Bordeaux, Lyon, Rennes et Toulouse… les villes toujours mobilisées

Comme chaque samedi désormais, les grandes-villes devraient voir défiler des cortèges jaunes :

Lyon : un « grand défilé » est prévu place Bellecour

Bordeaux : le rendez-vous est donné place de la Bourse pour une « manifestation pacifiste » de « Gaulois réfractaires »

Rennes : les organisateurs espèrent que « cette fois c’est la bonne » appelant à ne « rien lâcher » sur la place de la République

Toulouse : l’événement « Toutes et Tous à Toulouse » propose de reproduire le record de participation du dixième « acte » lors duquel les manifestants, boostés par la présence de Maxime Nicolle, étaient plus de 10.000.  » Toulouse Capitale des Gilets Jaunes !!!! Toute la France dans l’épicentre. »

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